Proposer un logement gratuit contre services, que dit la loi ?

Vous disposez d’une chambre vide ou avait un petit studio vacant et vous avez surtout besoin d’aide à la maison, d’un peu de bricolage, de courses, de garde d’enfants ou de présence pour personnes âgées… Le logement contre services vous tente mais vous ne savez pas très bien si c’est légal ou pas. On vous dit tout !

Définition

Le logement contre services est un type de location collaborative permettant à un propriétaire de mettre tout ou partie de son logement à la disposition d’un tiers gratuitement ; en échange le locataire accomplit gracieusement un ou plusieurs services.

Ce qu’en dit la loi

En France, c’est légal mais peu encadré, à vous donc d’être vigilant et bien clair dans votre annonce. Votre annonce déterminera votre statut même. Ainsi, soit vous serez considéré comme un « employeur au-pair » ou comme une « famille d’accueil », cette différence impliquant en fonction des démarches éventuelles d’embauche, de cotisations sociales voire de salaire.

Dans le premier cas la personne hébergé est considérée comme salarié au pair et relève de la convention collective du particulier employeur alors que dans le second cas la personne hébergé est assimilée à un ami ou un parent qui vous donne un coup de main ponctuel ou occasionnel.

Pour aller plus loin …

La loi française autorise toute personne, propriétaire ou locataire bénéficiant de la jouissance d’un bien, à héberger une ou plusieurs personnes gratuitement. Cette personne est donc libre d’héberger qui elle souhaite dès lors que l’hébergé ne contribue pas au paiement du loyer.

Le propriétaire ou locataire hébergeur dispose quant à lui d’une totale liberté pour mettre fin à cet hébergement et donner congé à l’hébergé à tout moment, sans avoir à respecter quelque formalité que ce soit.

Ce service doit être entièrement gratuit, le versement d’un loyer (même infime) entraînerait l’obligation de rédiger un bail de location.

D’une manière générale, il est préférable d’établir un contrat écrit encadrant la relation entre les deux parties.

Que noter dans le contrat ?

Si vous êtes un employeur au pair et quelque soit le mode de rémunération de votre salarié : vous recevez une personne chez vous qui a des compétences bien précises. Avec souvent des diplômes en rapports avec ces dernières. Vous ne devrez alors établir qu’un seul contrat : le contrat de travail (ne faites pas de contrat de bail). Précisez aussi que le logement constitue une rémunération (partielle ou exclusive) en nature, et qu’à ce titre c’est un accessoire du contrat de travail. Précisez qu’il devra être restitué au terme du délai de préavis prévu pour la fin du contrat de travail. Vous devrez aussi remplir un formulaire appelé «déclaration d’employeur pour tous emplois familiaux» auprès de l’Urssaf.

  • Si votre salarié a le statut d’employé au pair, barrez les mentions vous permettant d’opter pour la base réelle ou forfaitaire de cotisation et inscrivez «au pair» au-dessus ;
  • Lorsque votre salarié a le statut d’employé de maison, vous devez opter pour une base de cotisation réelle ou forfaitaire (à négocier avec lui).

Si vous êtes une famille d’accueil :

Ici, on ne parle pas de travail, mais de temps de partage. Vous recevez une personne qui voyage ou qui cherche simplement un lieu de vie pour quelques jours voire quelques mois et qui pourrait vous apporter un coup de main. Cette personne doit être accueillie comme l’un des membres de la famille, dans une logique d’échange. Pour rester dans le cadre légal et ne pas embaucher « au noir », il est important que la personne hébergée exerce uniquement une activité non présumée salariée, telle que l’entraide ou le bénévolat. L’hébergé n’est alors pas un employé. Il n’est pas rémunéré en espèces. Il n’a aucune obligation de rentabilité et aucun lien de subordination ou hiérarchique vis-à-vis de son hébergeur.

La personne hébergée ne relève par conséquent d’aucun régime de protection sociale et n’est pas protégé au titre de cette activité. En cas d’accident au cours d’une activité sur une exploitation, il ne pourra pas bénéficier d’indemnités journalières.

Elle est libre de ses mouvements et de son rythme de vie. Aucune directive ne peut lui être imposée. Aucune prestation de travail ne peut être exigée et ses horaires sont libres.

Pourquoi un contrat ?

Néanmoins, faire un « contrat » permet de définir clairement les avantages proposés pour chacun sur lequel sera stipulé le début et la fin de l’échange de services contre logement. Il est important aussi de bien définir le planning fixé entre les différentes parties. Le type de services rendus et, bien sûr, le nombre d’heures à effectuer. Si vous dépassez le planning initial, ces heures supplémentaires récurrentes et non déclarées pourraient être apparentées à du travail « dissimulé ». Auquel cas mieux vaut alors établir un contrat de travail, ainsi que les modalités de paiement afférentes.

Autres informations à préciser

Pourront aussi y figurer la durée de l’hébergement, le maintien en bon état de l’habitation, le respect de l’usage du logement et la contribution aux charges et aux frais divers (à l’exclusion du loyer) ainsi que les règles de vie si vous partagez votre propre résidence (accès à la cuisine, visites d’amis et leurs horaires, etc.).

Dans le cas où la personne hébergée postule au logement contre services et qu’elle propose gracieusement ses services à l’Hébergeur qui la loge, elle ne peut rendre plus de douze heures de services par semaine.

La personne hébergée peut toutefois effectuer plus d’heures que prévues initialement et il incombera alors à l’hébergeur de les rémunérer et d‘acter alors un contrat de travail ou, avec l’accord (écrit c’est toujours mieux) du locataire, convenir d’avantage-s en nature tels que les repas, la blanchisserie ou l’accès au wifi.

N’oubliez-pas

Accepter d’être hébergé pour un séjour plus ou moins long, que vous soyez habitant ou voyageur c’est accepter de troquer son temps et ses compétences en échange du gîte et du couvert et de s’engager dans une démarche de citoyen responsable.

Dans tous les cas  :

  • Le locataire ou la personne hébergée gratuitement doit impérativement présenter une garantie de responsabilité civile (présente dans tous les contrats d’assurance multirisques habitation), comme pour une location habituelle.
  • L’hébergeur doit offrir un logement décent (qui respecte les normes de décence telles que définies par le décret du 30 janvier 2002) et munir à l’hébergé obligatoirement une attestation de son assurance concernant l’hébergement d’une tierce personne.

Dernier conseil :

La solution d’offrir le gite et le couvert en échange d’un peu d’aide semble équitable et avantageuse tant pour l’hébergé que pour l’hôte. N’oubliez pas cependant que la personne qui va aider n’a pas nécessairement un statut bien spécifique, jeune fille au pair, auxiliaire de vie ou éducateur canin. Seule la rencontre permettra de déterminer l’entente et les compétences proposées. Enfin, il faut être prêt à accueillir quelqu’un au sein de votre foyer, qui vivra à vos côtés 24 h/24 alors mieux vaut bien vous entendre !

Le logement contre Services, plus qu’une simple expérience d’échange de compétences et de logements gratuits, est avant tout un échange humain.

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